Les châtelains d'Hyères (1257-1620)

Le château d'Hyères est un château royal, pas une seigneurie. Le roi le garde pour lui et le fait tenir par des châtelains qu'il nomme.

Charte de Bertrand de Fos, Aix, 14 mai 1262
Charte de Bertrand de Fos, Aix, 14 mai 1262. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, série B, liasse B 361, vue 0009.

Enquête en cours : cette chronologie évolue encore au fil des recherches en archives.

Le château d'Hyères domine la ville du haut de son rocher. À partir de 1257, il appartient directement au comte de Provence, puis au roi. Le roi le fait garder par un châtelain, qu'il nomme et qu'il paie. Le châtelain commande quelques hommes, tient les portes et doit rendre le château au roi à la première demande. En 1620, le château est rasé.

Le châtelain a la garde de la forteresse, au sommet de la ville. Au XVe siècle, les actes l'appellent castellanus regii fortalicii castri Arearum, « châtelain de la forteresse royale du castrum d'Hyères ». Le castrum, c'est alors toute la ville fortifiée, ville haute et ville basse. La forteresse (fortalicium) n'en occupe que le sommet. Les habitants gardent les murs de la ville et font le guet. Le châtelain commande les hommes d'armes et passe les revues. En 1323, castrum Arearum désigne le seul château, car la ville basse n'est pas entièrement fermée. C'est cette année-là que le trésorier Robert de Milet la fait murer (voir la visite de 1323).

Le châtelain est parfois aussi viguier, mais pas toujours. Le viguier est l'homme que le roi place à la tête de la ville et des villages qui en dépendent, pour y rendre la justice en son nom. Hugues Cassole est les deux à la fois en 1323. En décembre 1458, lors de la convention du Béal, au contraire, le viguier est Bernard d'Abisse, alors que Pierre Rodulf est capitaine du château.

Certains châtelains ne sont connus que par une ligne dans un compte. D'autres par l'acte qui les nomme, ou par celui qui les renvoie. Pendant des dizaines d'années, aucun nom n'apparaît. Le trait de la frise montre ce que les actes disent de la durée de chaque charge, et ce qu'ils ne disent pas.

Le traiten charge d'une date à l'autreentrée en charge connue, pas la sortiesortie connue, pas l'entréevu à une seule dateaucun titulaire connusiège du châteautrahisoninspection des défenses

  1. 14 septembre 1257Les seigneurs de Fos cèdent Hyères à Charles d'Anjou

    Charles d'Anjou obtient par un échange la part d'Hyères des seigneurs de Fos.

    Devenu roi de Sicile en 1266, il fait du château d'Hyères un château royal. L'acte d'échange est perdu. On en connaît le jour parce que la charte de 1262 le cite, avec son année et son notaire. Un historien du XIXe siècle donnait déjà cette date.

    Acte primaire Acte perdu. Sa date est citée par la charte du 14 mai 1262 (AD13, série B, liasse B 361, vue 0009, ligne 12) : « Quinquagesimo septimo . Indictione quintadecima . Octauodecimo . k[a]l[endas] . Octubris » (l'an 1257, quinzième indiction, le dix-huitième jour avant les calendes d'octobre, soit le 14 septembre). Le notaire y est nommé Basculi, lecture incertaine. Denis (1882, p. 41-43), d'après Nostredame, donne la même date mais nomme le notaire Guillaume Gasel.

  2. vers 1260Le château est rebâti

    La fouille montre une fortification entièrement repensée sous Charles d'Anjou.

    Source secondaire Ollivier, rapport de fouille du château d'Hyères, 2014 (ADLFI). Datation archéologique, sans acte écrit.

  3. 14 mai 1262Bertrand de Fos échange sa part d'Hyères

    Charles d'Anjou reçoit sa part d'Hyères et lui donne en échange Le Cannet et un quart de Pierrefeu.

    La charte est passée dans le palais de Charles d'Anjou, à Aix. Charles tenait déjà le château : les deux parties règlent entre elles les revenus perçus depuis que ses officiers l'occupent. Bertrand se déclare satisfait des promesses de l'acte de 1257. Charles lui vend aussi des moulins au Cannet pour 12 000 sous tournois, soit 600 livres. C'est cette charte que montre le bandeau de la page, avec ses grandes initiales.

    Acte primaire AD13, série B, chartes de la Tour du Trésor, liasse B 361, pièce 1, vue 0009 : charte originale scellée, notaire Guillaume de Saint-Marc, « Actum Aquis in palacio domini comitis » (fait à Aix, dans le palais du seigneur comte). Transcription non collationnée. Bertrand cède aussi le quart d'un château non identifié, « castrum de guarda et mosterii uall[is] ».

  4. 1262 – 1323Aucun acte connu ne nomme le gardien du château.
  5. mars 1323Hugues Cassole, premier châtelain connu

    Messire Hugues Cassole, viguier et châtelain, tient le château avec dix hommes.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1103, vues 0165-0166 : procès-verbal de la visite de Robert de Milet et devis du château.

    Trois mois pour fortifier la côte

  6. janvier 1342Raymond Cordoyl garde le château pour les Cassole

    Raymond Cordoyl, d'Hyères, est nommé gardien du château pour le compte des héritiers de Guillaume Cassole, châtelain.

    C'est le sénéchal de Provence, qui gouverne le comté au nom du roi, qui le nomme, au nom d'Elzéar et Hugues Cassole, fils de Guillaume. La charge paraît donc tenue par la famille Cassole, qui la fait exercer par un autre. Cordoyl doit fournir des garants, qui paieraient mille livres s'il ne rendait pas le château et ses armes à la première demande.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1379 (juge mage), vue 0031, page de droite : « Raymundum Cordoyl de Areis castellanum seu custode[m] Regii et Regal[is] castri seu fortalicii Arear[um] no[m]i[n]e et p[ro] parte Alsiarii et Hugonis Cassoli » (Raymond Cordoyl, d'Hyères, châtelain ou gardien du château ou fort royal d'Hyères, au nom et pour la part d'Elzéar et d'Hugues Cassole). Lettres du sénéchal Roger de Saint-Séverin, données à Draguignan le 18 janvier (quantième incertain) de la 10e indiction, soit 1342. Transcription non collationnée. La notice de l'inventaire imprimé écrit « Raymond Cordoux ».

  7. novembre 1352Guillaume Gassoli garde le fort avec six hommes

    Guillaume Gassoli, châtelain, touche deux sous par jour, et chacun de ses six gardes dix deniers.

    Ses gages sont inscrits dans le cahier que le clavaire (le trésorier du roi à Hyères) remet à son successeur. Le château a aussi son chapelain, Jacques Carlenati, d'Hyères, payé douze deniers par jour. Le nom de Gassoli rappelle celui des Cassole, mais aucun acte ne le rattache à la famille.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1922, f° xj (vue 0040, page de droite), cahier remis par Raymond Isnard à Isnard Campifloris le 20 (quantième incertain) novembre 1352.

  8. avant juin 1369Geoffroy Monachi, viguier, garde peut-être aussi le château

    Pendant la guerre du duc d'Anjou, le viguier et capitaine d'Hyères, Geoffroy Monachi, fait abattre des maisons et la boucherie, trop proches des remparts. Il garde peut-être aussi le château, comme Hugues Cassole en 1323, mais l'enquête ne le précise pas.

    L'enquête est menée en juin 1369 sur ordre du sénéchal de Provence, parce que le roi touchait une taxe sur la vieille boucherie. Les témoins racontent que Monachi l'a fait abattre par les gens de pied de la ville, pour la défense. Il a ensuite laissé les bouchers en bâtir une autre à l'intérieur des vieux murs.

    Hypothèse AD13, série B, B 1158, enquête du 24 juin 1369, vues 0003-0005 : « vicarius et capitaneus castri arear[um] » (viguier et capitaine d'Hyères), trois fois. Le mot castrum y désigne la ville, et la formule est celle des viguiers. La notice des Archives départementales le dit « viguier et capitaine du château d'Hyères ».

  9. avril 1376Guigues Flotte inspecte les murailles d'Hyères

    Un commissaire royal, Guigues Flotte, fait mesurer les murailles de la ville en partant du château, en confie la garde à des chefs de garde et ordonne des travaux. Le châtelain n'est pas nommé.

    La mesure part du pied de la tour de la porte du château, suit les murs neufs de la ville basse et revient par les murs anciens. Le 7 avril, Guigues Flotte monte lui-même sur les murs et confie chaque tronçon à un chef de garde, avec ses hommes. Le lendemain, il ordonne de relever murs et tours et de creuser deux fossés tout autour. Sa visite applique les mesures de défense décidées en 1374 contre les bandes de soldats bretons qui pillent la Provence.

    Acte primaire AD13, série B, B 3332 : commission donnée à Aix le 1er avril 1376 (vue 0105), mesure des murailles (vues 0106-0108), rôle de garde du 7 avril (vues 0109-0113), travaux ordonnés le 8 avril (vues 0113-0121), sentence du 10 avril (vues 0130-0132). Transcription non collationnée.

  10. juin 1377François de Ulmeto est payé comme châtelain ou portier

    François de Ulmeto est payé comme « châtelain ou portier » du château.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1923, vue 0023 : « castellanus seu portalerius » (châtelain ou portier). Gages payés jusqu'à la fin d'octobre.

  11. 1377 – 1400Aucun châtelain nommé.
  12. 21 mai 1400La garde du château payée sur le sel

    Louis II fait payer la garde du château, 1 500 florins par an, sur l'impôt du sel d'Hyères. Le châtelain n'est pas nommé.

    Le roi confie la gabelle (l'impôt sur le sel) et les revenus d'Hyères à Baude de Spinola, seigneur de Brégançon, qui doit en échange payer le châtelain. Jusque-là, le châtelain touchait lui-même chaque année mille jarres de sel prises sur les salins, l'ancienne gabelle et les revenus de la ville. Les 1 500 florins se paient en trois fois, en avril, en août et en mars.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1924, vues 0009-0010 (pages de droite), lettre de Louis II copiée dans le cahier du clavaire.

  13. juin 1405Jean Muffardi est dit ancien châtelain

    Jean Muffardi, un noble, est dit châtelain, puis « ancien châtelain » dans le même cahier.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1924, vue 0003 (page de droite) : castellanus, et vue 0005 (page de gauche) : olim castellanus.

  14. 1405 – 1423Aucun châtelain nommé.
  15. 28 mars 1423Arnaud de Villeneuve reçoit le château

    Jean Anssart remet le château à Arnaud de Villeneuve, seigneur de Trans, « châtelain nouvellement nommé ». On dresse l'inventaire de tout ce qu'il contient.

    L'inventaire, en provençal, passe le château pièce par pièce : cuisine, salle, chapelle avec trois petites bombardes de fer (des canons primitifs), grande tour, deux tours sur la porte, moulin, forge, cellier, greniers. Anssart y occupait une chambre. L'acte n'indique pas à quel titre il tenait le château.

    Arnaud de Villeneuve, lui, ne semble pas avoir vécu au château. Il est seigneur de Trans et frère d'un chambellan de Louis III, et c'est son chapelain qui agit pour lui, en 1428 comme en 1431. L'article sur l'inventaire de 1423 détaille ce que cela change à la lecture de l'inventaire.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1191, vues 0004-0007 : inventaire d'entrée, recopié dans l'acte de remise de 1431. « Johan Anssart dona en lo fortalici … a mossen de Trans castellan novellament ordenat » (Jean Anssart remet dans la forteresse … à monseigneur de Trans, châtelain nouvellement nommé).

  16. 10 février 1428Arnaud de Villeneuve touche ses gages

    Arnaud de Villeneuve touche 192 livres de gages (son salaire) comme châtelain. La quittance est passée au château d'Hyères par son chapelain Jacques Clément, qui agit en son nom comme procureur.

    La quittance est entrée dans le compte du clavaire (le receveur de la cour royale) pour l'année allant du 1er novembre 1428 au 31 octobre 1429, donc après coup : c'était peut-être un arriéré de gages.

    Le même compte nomme, dans une amende, un Hugues « alors châtelain d'Hyères », condamné pour une affaire de nuit. Le compte ne date pas l'affaire.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1925, vue 0045 (page de droite) : « Arnaudi de Villanova domini de Transso castellani Regii fortalicii castri Arearum » (Arnaud de Villeneuve, seigneur de Trans, châtelain de la forteresse royale du château d'Hyères). L'inventaire imprimé de la série B le prénomme à tort Léonard. Quittance copiée en dessous : « anno incarnacionis domini millesimo iiijc xxvijo die martis decima mensis februarii apud castrum Arearum » (l'an de l'incarnation 1427, mardi 10 février, au château d'Hyères). L'année commençait alors le 25 mars, d'où 1428 dans notre calendrier. « Hugone castellano tunc Arearum » (Hugues, alors châtelain d'Hyères), vue 0006 (page de gauche).

  17. 26 septembre 1431Guillaume du Val remplace Arnaud de Villeneuve

    Guillaume du Val, conseiller et chambellan (officier de la chambre du prince) de Louis III, devient châtelain et capitaine à la place d'Arnaud de Villeneuve. On reprend l'inventaire de 1423 pour noter ce qui manque.

    Le chapelain Jacques Clément remet le château au nom d'Arnaud. Il manque, entre autres, toute la farine des greniers. L'acte est passé sur la terrasse neuve du château.

    Acte primaire AD13, série B, registre B 1191, vues 0003-0008 : « Guilhermus de Val … castellanus et capitaneus » (Guillaume du Val, châtelain et capitaine), nommé par Pierre de Beauvau, lieutenant du roi, « amoto Arnaudo de Villanova domino de Transso » (à la place d'Arnaud de Villeneuve, seigneur de Trans, qui est écarté). Manques de 1431, vues 0007-0008.

  18. 26 décembre 1439Jean Rodulphe quitte le château, pour Brégançon

  19. Le château passe à Louis de Beauvau

    René met le château en gage auprès de Louis de Beauvau, qui en devient châtelain, et renvoie Jean Rodulphe.

    Le gage porte sur le château et la vieille gabelle du sel, contre 7 403 ducats, et Beauvau reste châtelain tant qu'il dure. Jean Rodulphe, huissier d'armes de Louis III (un garde de la maison du roi, chargé de ses missions), était châtelain de Brégançon depuis le 10 septembre 1431, où Arnaud de Villeneuve lui avait remis le château au nom de son père François. Aucun acte n'indique quand il a reçu Hyères, sinon que c'est après le 26 septembre 1431. Écarté d'Hyères, il retourne à Brégançon. Beauvau prend possession par procuration trois jours plus tard. Le conseil royal d'Aix fait appliquer la décision du roi le 23 janvier 1440.

    Acte primaire AD13, série B, registre B11, vues 0690-0693. Lettres données au Castel Capuano de Naples : « amoto abinde quocumque alio ac signanter et expresse Iohanne rodulphi » (tout autre en étant écarté, et nommément Jean Rodulphe). Remise de Brégançon à Jean Rodulphe : registre B 1188, vue 0017, « nobili viro Johanni Radulphi armorum hostiario sacre Regie Jherusalem et Sicilie Magestatis nouo castellano dicti castri » (au noble Jean Rodulphe, huissier d'armes de la sacrée majesté royale de Jérusalem et de Sicile, nouveau châtelain de ce château).

    Lettre du roi René engageant le château d'Hyères à Louis de Beauvau, initiale ornée du registre B11
  20. 22 août 1441Jean de Villart apparaît comme vice-châtelain

    Jean de Villart, dit Calabre, est « vice-châtelain du château d'Hyères ».

    Acte primaire AD13, série B, registre B12, f° 154 (vues 0327-0328) : « Johannes de villart dictus Calabre … vice castellanus castri arearum » (Jean de Villart, dit Calabre, vice-châtelain du château d'Hyères). Lettres de la reine Isabelle, Tarascon.

  21. 17 juin 1444Pierre Rodulphe devient châtelain par un nouveau gage

    Pierre Rodulphe, dit le baron, frère de Jean, devient châtelain par un nouveau gage.

    Le roi lui doit 8 000 florins et lui donne en garantie le château et la gabelle : Pierre reste châtelain tant que dure ce gage. Dix jours plus tôt, il lui avait donné la viguerie d'Hyères.

    Acte primaire AD13, série B, registre B13, vues 0404-0414, vue 0410 pour l'institution : « nobili viro petro rodulphi, alias le baron » (au noble Pierre Rodulphe, dit le baron). Lettres données d'un monastère près de Tours, enregistrées à Aix en mars 1446.

    L'affaire de la rue Franche

    Registre B13 : institution de « petro Rodulphi alias le baron » comme châtelain
  22. 30 décembre 1459Pierre Rodulphe apparaît en charge pour la dernière fois

    Le roi dit encore Pierre Rodulphe « capitaine de la ville d'Hyères ».

    La lettre est donnée à Toulon. Aucun acte plus tardif ne le montre à la tête du château. Entre 1444 et 1459, les actes le montrent au travail : il fait réparer les murs d'Hyères en 1448, prête de l'argent à Toulon, en passe les hommes en revue. En février 1459, le roi l'appelle « capitaine de notre château d'Hyères ». La suite de sa carrière est dans la chronologie du Béal.

    Acte primaire Franchise fiscale accordée par René « in civitate nostra Tholoni » (dans notre cité de Toulon), où il est dit « capitaneus ville arearum » (capitaine de la ville d'Hyères) : AD13, série B, registre B14, f° cclvj-cclvij (vues 0518-0520). Février 1459 : AD13, série B, registre B14, vue 0452, « castri n[ost]ri arearu[m] capitaneo » (capitaine de notre château d'Hyères).

  23. août 1464Jean Cossa reçoit le gouvernement du château

    René donne à vie le gouvernement du château à Jean Cossa, son lieutenant général (celui qui gouverne la Provence en son nom), qui en nomme lui-même le capitaine.

    Les lettres appellent Pierre Rodulphe « ton prédécesseur ». Elles rappellent une donation plus ancienne, dont aucune pièce ne conserve le texte : Cossa tenait donc déjà le château avant août 1464. Le capitaine qu'il nomme n'apparaît dans aucun acte. En 1466-1467, le clavaire d'Hyères ne paie plus aucun châtelain : la garde est payée ailleurs.

    Acte primaire AD13, série B, registre B15, f° 152v-153 (vues 0318-0319), lettres données à Louppy : « Regimen et gubernationem castri nostri et ville arearum » (le gouvernement de notre château et de la ville d'Hyères), et « pietro Ruffi dicto lo baron » (Pierre Ruffi, dit le baron). Le millésime et le quantième (26 ou 27 août) sont à la limite de lecture du cliché, et la mention de Pierre Rodulphe comme mort (quondam) reste incertaine. Compte du clavaire de 1466-1467 : AD13, série B, registre B 1927.

  24. 4 février 1478Philibert d'Estainville jure de garder le château

    Philibert d'Estainville, maître d'hôtel du roi (l'un des chefs de sa maison), jure de garder le château et de le rendre à la première demande.

    Il promet aussi de ne remettre le château à personne sans lettres du roi.

    Acte primaire AD13, série B, chartes de la Tour du Trésor, liasse B 698, vue 0005 (original) et vue 0004 (dos, qui porte la date « 1477 . 4e feb », l'année commençant alors en mars). Denis (1882, p. 68) date le serment de 1477.

  25. 26 janvier 1482Nicolas Forbin devient capitaine à vie

    Louis XI donne le château à vie à Nicolas Forbin, fils de Palamède, avec 1 000 florins de gages.

    Louis XI est le nouveau maître de la Provence. Les lettres donnent « l'office de cappitainerie, garde et chastellain », que Forbin doit tenir « par la forme et maniere » de feu Jean Cossa.

    Acte primaire AD13, série B, registre B19 « Corona », f° 65 r-v (vues 0131-0132), lettres données à Thouars, enregistrées à Aix le 26 janvier 1482.

    Registre B19 : lettres de Louis XI donnant à Nicolas Forbin la capitainerie du château d'Hyères
  26. 1482 – 1495Aucun capitaine connu.
  27. 1495-1496Guillaume Mareschal succède à Regné Mansselle

    Le châtelain Regné Mansselle meurt en charge. Le grand sénéchal de Provence, le marquis de Hochberg, donne la place à Guillaume Mareschal. Le roi Charles VIII confirme ce don.

    Le roi est alors en Italie. Hochberg, qui gouverne la Provence en son nom, pourvoit seul l'office, et Mareschal prend possession du château. Mais il craint qu'on le lui conteste, et demande au roi de confirmer le don. Charles VIII le fait au retour de sa campagne, le 7 août 1495. Ses lettres nomment clairement l'office : « chastellain ou cappitaine de la tour dieres ». Mareschal touche les mêmes gages que son prédécesseur.

    Acte primaire AD13, série B, registre B21 « Pellicanus ». Lettres de Hochberg, données à Aix en mars (année incertaine, 1494 ou 1495), présentées à la chambre des comptes le 29 avril 1495 : f° 365v-366 (vues 0752-0753), « l'offici de capitanarie de la villa de yeres ». Confirmation de Charles VIII, datée du 7 août 1495 (lieu lu Chieri, lecture incertaine), enregistrée le 30 mars 1496 : f° 420v-421v (vues 0862-0864). Le prénom du prédécesseur se lit « Regné » dans la seconde pièce, « Renier » (lecture incertaine) dans la première.

  28. 1496 – 1524Aucun capitaine connu.
  29. 1524Hyères tient tête au connétable de Bourbon, puis se rend

    Le connétable de Bourbon, passé au service de Charles Quint, envahit la Provence. Hyères lui résiste un temps, puis se rend faute de secours, avant de revenir au roi de France.

    Toulon, Bréganson et Cassis résistent aussi, puis se rendent. La flotte du roi, dont ces places attendent du secours, arrive trop tard. Bourbon avait tenté de se gagner des partisans dans la ville : un de ses agents, Jean Jomes, de Toulon, y est découvert et s'enfuit à Nice.

    Source secondaire Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, p. 70, qui cite pour l'agent de Bourbon des mémoires inédits de 1528 attribués à Jean Coste. Denis parle de la ville et ne parle pas du château lui-même. Aufauvre (Hyères et sa vallée, 1864) laisse la question ouverte : pour lui, les auteurs ne s'accordent pas sur la prise de la ville.

  30. 1524 – 1579Aucun capitaine connu.
  31. 1579Les consuls d'Hyères veulent livrer le château au baron de Vins

    Pendant les guerres de Religion, les nouveaux consuls d'Hyères passent au parti du comte de Carcès. Ils projettent de tuer Louis Fabry, gouverneur du château, et de livrer la forteresse au baron de Vins, chef de ce parti. Le complot échoue.

    Fabry, un gentilhomme d'Hyères, a été nommé gouverneur du château quelques mois plus tôt par le Parlement de Provence. Les consuls veulent l'attirer à la maison commune pour le tuer. Ils donnent rendez-vous au baron de Vins devant une poterne du château (une petite porte dérobée) qu'ils promettent de lui ouvrir. Prévenu, Fabry refuse d'aller à la maison commune et renforce sa garnison avec des soldats venus de Belgentier. De Vins vient au rendez-vous pour rien, puis offre son aide à Fabry, qui la refuse. Deux jours plus tard, Fabry remet le château aux consuls et quitte la ville, menacé de mort s'il y reste.

    Source secondaire Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, p. 75-76, qui reproduit le récit dicté par Jeanne Fabri, femme du gouverneur, conservé dans les papiers de Peiresc. Denis écrit le nom « Fabry » dans le récit et « Fabri » dans son propre texte.

  32. 1579 – 1588Aucun capitaine connu.
  33. novembre 1588Le baron de Méolhon refuse de rendre le château à La Valette

    Le baron de Méolhon, qui garde le château pour le roi, passe en secret au duc de Savoie, qui soutient la Ligue. La Valette, gouverneur de Provence, vient avec cinq cents cavaliers et six canons le sommer de rendre la place. Méolhon refuse, et La Valette repart le 27 novembre sans avoir attaqué.

    Le duc de Savoie a donné à Méolhon de quoi payer deux ou trois compagnies de soldats dans le château. Pendant le séjour de La Valette, ses cavaliers arrêtent près de la forteresse un capitaine marseillais qui porte le traité, signé par le duc. La Valette fait le tour du château sans trouver de point faible. Ses officiers lui disent qu'il faudrait un vrai siège, long et coûteux.

    Source secondaire Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, p. 78-80, en partie d'après « un manuscrit du temps » qu'il ne cote pas.

  34. août 1589La Valette assiège le château

    Le château tient pour la Ligue, le parti catholique en guerre contre le roi. La Valette, gouverneur de Provence pour le roi, le fait assiéger et bombarder au canon.

    La garnison garde le château pour le baron de Méolhon, qui l'a confié au capitaine Pierre Merle. Le 31 août, Merle accepte de rendre le château contre 10 300 écus. La ville d'Hyères, qui n'a pas cet argent, doit l'emprunter. La garnison sort le 6 septembre 1589, et La Valette la remplace par ses propres soldats.

    Source secondaire Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, p. 82-88, d'après les minutes d'Antoine Fenoulh, notaire à Hyères : délibération du conseil et contrat de reddition du 31 août 1589, quittance du 6 septembre, inventaire du château du 7 septembre. Les mémoires d'André Fournier, procureur du roi à Hyères, datent aussi le siège d'août 1589 : « le chateau fut assiegé par Monseig. de la Valette, et que pour lors tenoit M.r de Mecuillon » (Nîmes, bibliothèque Carré d'art, ancien manuscrit d'Aubais n° 132, vue 10 de la numérisation BnF). Denis écrit le nom du baron « Menouillon » ou « Méolhon ».

  35. entre 1593 et 1595M. de Grésil attaque le château tenu par son fils

    La Valette est mort. Son frère, le duc d'Épernon, lui a succédé à la tête de la Provence, et M. de Signans tient le château pour lui. Le père de Signans, M. de Grésil, reçoit l'ordre de le prendre. Son assaut de nuit échoue.

    Grésil revient ensuite seul et demande à entrer. Son fils lui ouvre les portes, puis le retient prisonnier.

    Source secondaire Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, p. 90-91, sans date ni source citée. Denis place l'assaut après l'installation de Signans au château par Épernon, le 9 janvier 1593, et avant le dernier passage d'Épernon à Hyères, le 2 juin 1595 (p. 92).

  36. 6 février 1596Les troupes du roi assiègent le château

    Le roi a retiré la Provence à Épernon, mais le château tient toujours pour lui. M. de Fanges, envoyé par le duc de Guise, nouveau gouverneur de Provence, prend la ville et assiège la forteresse.

    Ses six régiments campent près de la montagne qui touche le quartier de la Crau. Des soldats de la garnison, restés dans la ville, se retranchent dans le couvent des religieuses de Saint-Pierre de l'Almanarre. Le couvent est pris après trois jours de tirs au canon. Le 18 juin, la garnison tente une sortie et regagne le château avec de lourdes pertes. Guise vient lui-même avec plus de trente canons, sans parvenir à le prendre. La garnison ne sort qu'à la fin de 1596, quand les deux camps signent la paix.

    Source secondaire Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, p. 92-95, d'après un manuscrit du temps qu'il ne cote pas.

  37. 1596Le roi fait démolir le château après le dernier siège

    Après le dernier siège, le roi fait commencer la démolition de la forteresse, qui reste inachevée.

    Source secondaire Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, p. 95. Denis ne cite pas l'ordre de démolition.

  38. 1620Le château est rasé

    Le château d'Hyères est démantelé et rasé, en application d'un édit contre les places fortes qui avaient tenu pour la Ligue.

    Source secondaire Denis, Hyères ancien et moderne, 1882, p. 95. Denis ne donne pas la référence de l'édit.

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